Infection urinaire et grossesse

Une infection urinaire est une infection siégeant au sein de l'un des organes du système urinaire : les reins, la vessie et l'urètre. Les infections urinaires sont très fréquentes au cours de la grossesse et touchent à des degrés divers plus d'une femme sur dix. En cas d'infection sans symptômes notables, on parle de bactériurie.

Les infections symptomatiques peuvent toucher la vessie ( cystite) et les reins (pyélonéphrite). Le traitement fait appel, comme pour le reste de la population à des antibiotiques. Il doivent être dosés et choisis en tenant compte de la grossesse en cours. Les règles de prévention et d'hygiène visant à réduire le risque d'apparition ou de récidive de l'infection urinaire sont les même que pour l'ensemble des femmes. Une infection même sans symptômes peut augmenter le risque d'accouchement prématurés et justifie un traitement et un suivi médical strict.

Classification

On distingue 3 types d'infection urinaire chez la femme enceinte:

La bactériurie: la présence de bactéries dans l'urine. Une bactériurie ne déclenche pas nécessairement de symptômes et peut facilement passer inaperçue. Il s'agit pourtant d'un phénomène particulièrement fréquent chez la femme enceinte: près d'une femme sur 10 etant touchée, et representant un risque de grossesse prématurée.

La cystite: l'infection et l'inflammation de la vessie. La cystite touche 3 pourcent des femmes au cours de la grossesse.

La pyélonéphrite: la pyélonéphrite est une infection des reins. Il s'agit dans l'essentiel des cas d'une remontée de l'infection depuis la vessie. (contamination ascendante). Il s'agit d'une complication relativement sévère et fréquente de la cystite non traitée.

Causes

La cause première de l'infection urinaire chez la femme enceinte ne diffère pas des causes entraînant une infection urinaire chez les autres femmes: il s'agit dans la majorité des cas d'une infection par la bactérie E. coli.

Les causes secondaires sont différentes:

Les changement hormonaux au cours de la grossesse entraînent une modification de la composition et des propriétés chimique de l'urine. L'urine, naturellement acide est plus alcaline chez la femme enceinte, ce qui favorise l'expansion des bactéries.
La poids de l’utérus peut, à partir du deuxième trimestre de grossesse, peser sur l'urètre et limiter l'évacuation de l'urine. En limitant le flot urinaire la grossesse va entraîner un séjour de l'urine plus long au sein de la vessie et donc limiter l'expulsion des bactéries ce qui favorise l'infection.
Enfin, la grossesse favorise un type transitoire de diabète appelé diabète gestationnel. Le diabète gestationnel peut élever le niveau de sucre contenu dans l'urine et favoriser les infections.

Symptômes

Les symptômes de la cystite sont moins intenses au cours de la grossesse. Les femmes enceintes doivent donc être particulièrement vigilantes.

Dans le cas d'une cystite: douleurs au moment d'uriner ( on parle en médecine de dysurie ) Envie très fréquente d'uriner ( on parle en médecine de pollakiurie)

Dans certains cas de cystite : Douleurs pelviennes, fièvres.

dans le cas d'une pyélonephrite: Douleurs parfois intenses au niveau des reins fièvre nausées, suées.

Les symptômes de la pyélonéphrite sont particulièrement intenses et justifient une intervention médicale urgente. Rendez vous dans un service d'urgence si vous ressentez ces symptômes.

Diagnostic

Le diagnostic d'une infection urinaire survenant pendant la grossesse est spécifique. En plus de l'examen clinique et du questionnaire courant sur les symptômes ressentis, le médecin va presque systématiquement faire appel à un examen de l'urine appelé ECBU. L'ECBU, ou examen cytobactériologique de l'urine vise à repérer une éventuelle présence de bactéries et de globules blanc. Une fois isolée la bactérie responsable va être mise en culture pour déterminer l'antibiotique le plus efficace.
Cette procédure permet de limiter le risque de traitement inutile ou inefficace.

Traitement

Le traitement fait appel aux antibiotiques. La plupart des antibiotiques ne présentent pas de risque pour la santé de l'enfant à naître. Le rufol est cependant déconseillé.

Prévention

Les même règles d'hygiène intime s'appliquent aux femmes enceintes et au reste des femmes.
boire beaucoup d'eau.

Éviter une alimentation trop sucrée

Éviter les produits décapant ou agressif pour l'hygiène de la zone urogénitale.

S'essuyer, après la défécation, de l'avant vers l'arrière et avec une lingette plutôt qu'avec du papier hygiénique.

Un essai clinique montre qu'une consommation régulière de vitamine C réduit le risque d'infection urinaire chez la femme enceinte.

Sources