Infection urinaire chez la femme

Les femmes sont, pour des raisons anatomiques beaucoup plus exposées que les hommes au risque d'infection urinaire. La forme d'infection urinaire la plus fréquente chez la femme est la cystite.

Classification

Contrairement à l'homme les voie urinaires féminines sont isolées des voies sexuelles. Les infections urinaires chez les femmes peuvent toucher:

L'urètre : on parle alors d'urétrite

La vessie : on parle alors de cystite ( c'est la forme de loin la plus fréquente chez la femme, alors qu'elle demeure relativement rare chez l'homme.

Les reins : on parle alors de pyélonéphrite ( c'est la forme la plus grave d'infection urinaire chez l'homme et la femme).

Causes

Contrairement à l'homme, les voies urinaires féminines ne sont pas directement connectées aux voies sexuelles. Les infections des voies urinaires féminines impliquent donc rarement des bactéries typiques des infections sexuellement transmissibles comme les chlamydia et les gonocoques.

Cela ne signifie pas que la sexualité n'aura pas d'impact sur la survenue d'infections urinaires chez la femme. Lors d'un rapport sexuel, les chocs répétés sur le méat urinaire peuvent provoquer l'entrée de bactéries au sein de l'urètre et favoriser la survenue d'une infection. On utilise, aux états-unis, l'expression de "honeymoon cystitis" ou " cystite de la lune de miel" . La cystite est ainsi particulièrement fréquente chez les femmes jeunes et sexuellement actives.

La bactérie la plus fréquemment impliquée dans la survenue des infections urinaires féminines est la bactérie E.coli. On retrouve normalement cette bactérie au sein de l'intestin.

Symptômes

Les symptômes d'infections urinaires vont dépendre de l'ampleur et de la localisation de l'infection. Le besoin quasi continu d'uriner même lorsque la vessie est vide, la douleurs au moment d'uriner, sont les manifestations classiques de la cystite et de l'urétrite. Des frissons, de la fièvre, des douleurs lombaires intenses, parfois des nausées et vomissement sont évocateurs d'une pyélonéphrite. La pyélonéphrite est la forme la plus sévère d'infection urinaire et justifie une prise en charge urgente. Un patient qui ressent des symptômes évocateurs d'une pyélonéphrite doit se rendre sans attendre dans un service d'urgence.

Cas de la grossesse

Le cas de la femme enceinte est spécifique. Les symptômes d'infection urinaire sont ressentis de manière moins aiguë au cours de la grossesse. Il est donc important de pratiquer un dépistage systématique d'infection par un examen appelé ECBU.

Dans le cas le plus fréquent (une infection de la vessie provoquant une cystite), les principaux signes sont :

un besoin très fréquent d'uriner (on désigne le phénomène sous le terme médical de pollakiurie),

une douleur au moment d'uriner, une sensation intense de brûlure (on désigne le phénomène sous le terme médical de dysurie)

Un aspect trouble de l'urine marquant la présence de pus: on désigne le phénomène sous le terme médical de pyurie)

Dans certains cas, une cystite peut provoquer de la fièvre et des douleurs continues au niveau de la zone pelvienne.

Traitement

Le traitement de l'infection urinaire est , comme pour toute infection, à base d'antibiotiques. Il n'y a pas de spécificité dans le traitement des femmes.

Le seul cas spécial est celui de la grossesse qui va demander une adaptation des familles d'antibiotiques utilisées et des dosages.

Prévention

Boire beaucoup d'eau. L'augmentation de la diurèse (flux urinaire) permet un meilleur drainage et évacue les bactéries avant qu'elles n'aient eu le temps de proliférer jusqu'au stade clinique.

Hygiène intime: un lavage excessif et trop décapant ou, au contraire insuffisant de la zone urogénitale augmente le risque de contamination.

Hygiène de votre partenaire: l'hygiène du pubis de l'homme est très importante en prévention de la cystite récidivante de sa compagne.

Chez la femme ménopausée, une application locale de crèmes à base d’estrogènes permet de restaurer une flore bactérienne saine: les bactéries sans risque vont "occuper le terrain" et bloquer l'expansion des bactéries pathogènes comme l'E.coli.