Infection urinaire chez l'enfant

Les infections urinaires sont des pathologies relativement courantes : entre 2 et 4% des enfants en sont atteints chaque année. Pour des raisons essentiellement anatomiques, les petites filles présentent un risque 4 à 5 fois supérieur à celui des garçons. Les infections urinaires se soignent d'autant plus facilement qu'elles sont diagnostiquées précocement. Il est donc important de rester attentif aux symptômes dont l'enfant pourrait se plaindre.

Définition

Contrairement à une idée reçue, l'urine n'est pas entièrement stérile et il est normal d'y retrouver des bactéries. Il existe donc un seuil à partir duquel on considère la présence d'une infection urinaire. Ce seuil est standard et fixé à 10 5 bactéries par millilitre d'urine. L'infection est pratiquement toujours ascendante : les bactéries colonisent d'abord l'urètre et la vessie avant d'atteindre les reins.

Causes

il s'agit dans 8 cas sur 10 d'une contamination par une bactérie de la souche E.coli (germe que l'on retrouve normalement au sein de l'intestin). La mise en contact du système urinaire se fait par contact du méat urinaire avec des matières fécales. L'urètre, le conduit qui évacue l'urine depuis la vessie est plus court chez l'enfant que chez l'adulte ce qui facilite la remontée des germes vers la vessie. Ce facteur anatomique joue particulièrement chez les petites filles. Mais d'autres facteurs entrent en jeu. En effet une simple exposition à un germe ne suffit pas à déclencher une infection.

Facteur de risques

Un flot urinaire normal permet d'évacuer les bactéries avant même qu'elle n'aient constitué de foyers infectieux. Tout ce qui entrave le flot urinaire va favoriser les infections :

La rétention volontaire: certains enfants, par timidité n'osent pas demander à aller aux toilettes (notamment pendant les heures d'école).
Une hydratation insuffisante : une hydratation insuffisante espace les mictions et accroît la concentration en éléments nutritifs de l'urine .

Constipation : les enfants souffrant de constipation présentent un risque accru d'infection urinaire. En effet, le renflement de l'intestin va appuyer sur la vessie et empêcher sa vidange complète. L'urine stagnant au sein de la vessie (stase urinaire) favorise l'expansion des bactéries. Si ces facteurs peuvent être corrigés ou améliorés par l'éducation aux règles d'hygiène, des anomalies fonctionnelles peuvent expliquer une plus grande propension aux épisodes d'infection urinaire. On retrouvera dans les cas les plus fréquents:

Un rétrécissement de l'urètre: (la sténose urétrale), Un rétrécissement de l'urètre peut être à l'origine d'une rétention urinaire chronique.

Anomalie des valves des uretères: les uretères, les tubes conduisant l'urine des reins à la vessies sont munis de valves qui empêchent la remontée de l'urine vers les reins appelée reflux vésico-urétérale (RVU). Le RVU est un facteur de risque majeur de pyélonéphrite (infection des reins). Une anomalie de ces valves touche 1 enfant sur 100.

Symptômes

Les symptômes sont les mêmes que chez l'adulte. Dans le cas d'une infection des voies urinaires basses ( urètre vessie), l'enfant peut se plaindre de douleur, de brûlure au moment d'uriner (dysurie). l'enfant peut ressentir un besoin anormalement fréquent d'uriner (pollakiurie). Chez les petits enfants et les nourrissons les signes précoces d'une infection sont particulièrement difficile à déceler. Une perte d’appétit, des pleurs inhabituellement fréquents, de la fièvre et une odeur nauséabonde de l'urine sont des signes d'alerte. En cas d'infection des voies urinaires hautes (au niveau des reins) les symptômes incluent de la fièvre, des frissons, des douleurs dans le bas du dos, une fatigue générale.

Diagnostic

L'examen commence par un questionnaire sur les symptômes ressentis. En cas de suspicion d'une infection urinaire plusieurs examens et analyses vont être prescrits.

Pour confirmer l'infection, il est fait usage d'une bandelette urinaire. La méthode par bandelettes permet un diagnostic immédiat (à la manière d'un test de grossesses). Cette méthode manque de précision. Une analyse microscopique de l'urine appelée examen cyto-bactériologique des urines (ECBU) permet d'identifier la souche de bactéries responsable avec une plus grande fiabilité. Toutefois, la lenteur de l'examen (24 heures) oblige généralement à entamer un traitement avant d'avoir obtenu les résultats.
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